Traçabilité, qualité… C’est carré !

« Fitter, happier, More productive »

Bien manger. Empreinte carbone, pouvoir d’achat, zéro nitrite, circuit court.

« Eating well (no more microwave dinners and saturated fats) »

Pacte vert, marcher sur la tête, green washing, éco-anxiété, impact environnemental.

« Concerned (but powerless) » ?

  Vous êtes jeune. Nous sommes en juin ’97 et Radiohead vient de sortir OK Computer, son troisième album qui met quelques riffs empreints d’une mélancolie futuriste sur des maux qui ont pris racine au siècle dernier. Pendant qu’une vague de chaleur déferle sur la France, ponctuée de pics de pollution dans ses plus grandes villes, votre walkman passe en boucle le CD révélateur du malaise social que produit le consumérisme : mener une vie équilibrée en accord avec toutes les injonctions sociales relève d’une utopie dont la dénonciation ne fait que commencer.  

Sur les traces de la « traça »

  Suite aux nombreux scandales alimentaires qui l’ont marquée, cette même décennie voit émerger un anglicisme au sein de l’Union Européenne, la « traçabilité », bien que les premières mesures d’harmonisation des législations alimentaires des pays membres ont vu le jour avec la création de la Politique Agricole Commune dans les années 1960. En janvier 2000, le Livre Blanc sur la sécurité alimentaire a été adopté par la Commission, et depuis 2002, quatre grands principes régissent la production et la circulation de denrées alimentaires : responsabilité, traçabilité, précaution et transparence. L’importance d’identifier l’origine et la composition de ce que nous consommons et la possibilité de reconstituer chaque étape de production deviennent le gage de qualité d’un produit. En plus des inspections et audits menés à l’échelle européenne (environ 200 annuels), deux instances publiques contrôlent la filière agroalimentaire au niveau national : la DGAL (direction générale de l’alimentation et la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Malgré ces contrôles stricts -une des législations les plus strictes du monde -, l’Union européenne et ses Etats membres reconnaissent le manque de moyens humains et matériels pour mettre en œuvre ces politiques de sûreté alimentaire. Les ONG de protection des consommateurs comme Foodwatch craignent également l’issue des accords de libre-échange autorisant l’entrée de produits en provenance de pays tiers.  

La puissance du consommateur

  Quant au consommateur, son implication progressive et la reconnaissance de son impact sur la chaîne de production vont baliser l’entrée dans une ère de la transparence.  Son engagement, lorsqu’il n’est pas entravé par une restriction de son pouvoir d’achat, permet de valoriser les filières respectueuses de l’humain et de son environnement. En choisissant les produits estampillés des bons labels (leur usage détaillé dans cet article), ceux qui garantissent un contrôle accru de la filière, il participe à la mise en place d’un écosystème vertueux, permettant à la qualité des produits de s’affranchir de la logique marchande à tout prix (ou plutôt au prix de sa santé). Rappelons les derniers chiffres : même dans une économie en berne en 2023, le bio représentait 12.08 milliards d’euro taxes comprises dans les dépenses des ménages français (source).

Et nous ?

Chez Solibio, la traçabilité des produits et leur qualité sont au cœur de notre coopérative dont les maîtres mots sont « bio » et « local ». Nous œuvrons constamment à améliorer les conditions de travail internes ainsi que nos services (processus qualité et de sa documentation, dont le plan de maîtrise sanitaires aux normes HACCPHazard analysis critical control point). Aujourd’hui, le comportement des consommateurs atteint l’âge de raison. En juin 2024, la météo n’est pas au beau fixe : après un hiver très sec, l’Alsace a souffert d’inondations durant le mois de mai ultra pluvieux, embourbant tous les agriculteurs dans un retard conséquent à l’heure où leur calendrier exhorte à la plantation des semis. L’été s’annonce instable et orageux, et encore une fois au-dessus des normales saisonnières. Donnons-nous rendez-vous en 2051 pour le bilan sur la direction que nous avons prise : celle d’une traçabilité accrue, mais pour laisser moins d’empreintes…